L’agonie du Sarawak

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Tout commence par quelques plans sur cet ethnologue suisse, Bruno Manser, tombé amoureux de la forêt primaire du Sarawak en Malaisie et de la tribu des Penans, le peuple de nomades qui y a toujours vécu. Manser a disparu là-bas en mai 2000 dans des circonstances troubles, jamais élucidées. Car le Suisse était aussi un activiste effaré par la destruction de la forêt et donc des Penans par les puissantes compagnies forestières malaisiennes. Un lien de cause à effet ? Ce film réalisé par Erik Pauser et Dylan Williams est hélas le témoignage d’un massacre qui a anéanti 90% de la canopée de cette partie de l’île de Bornéo pour la «récolte» de bois précieux avec la bénédiction d’un gouvernement complice : en poste lors du tournage de ce long métrage, le ministre de l’Environnement de la Malaisie était aussi le patron de l’une des plus florissantes compagnies forestières du pays…Dans un contexte médiatique muselé par le pouvoir, le film insiste sur le courage de quelques écologistes qui tentent, par le biais d’une radio libre, de sensibiliser l’opinion sur la corruption, la poursuite de la déforestation ou la construction de barrages. Un documentaire musclé qui montre que malgré les appels au scandale pour dénoncer ce pillage, la communauté internationale déplore, s’offusque mais ne bouge pas. Au Kalimantan indonésien voisin où la forêt disparaît à grande échelle au profit du palmier à huile, aucune ONG, aucun activiste n’est parvenu jusqu’à présent à enrayer l’action des tronçonneuses.

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