L’océan et le président

l'arche d'anote

Il était là en 2015, pour applaudir l’accord de Paris, comme il était là aussi en 2009 à Copenhague pour encaisser l’échec de la conférence de tous les espoirs. En fait, Anote Tong, trois mandats présidentiels à la tête de la République des Kiribati, a participé à la plupart de ces grands-messes internationales censées enrayer l’envolée des températures à l’échelle de la planète. Dans son film à étapes, Matthieu Rytz a su parfaitement accompagner l’incroyable sacerdoce du chef de ce micro-Etat de 32 atolls perdus dans le Pacifique. Une poussière de terres émergées de 811 km2 cumulés où vivent 120 000 îliens plongés au quotidien dans l’appréhension de la montée des eaux et la terreur du prochain typhon. Alors, sur son archipel en sursis Anote Tong suit de près la solidité des digues construites pour protéger Tarama sa capitale et il ne cesse de voyager pour alerter les grands de ce monde sur la fin programmée de son pays, de courir les plateaux télé, de chercher le moyen de trouver une planche de salut, une arche, pour son peuple. Migrer aux Fidji ? En Nouvelle-Zélande ? Où aller ? Interrogation pathétique. Sûrement pas sur ces mirages technologiques de cités flottantes conçues par des ingénieurs avant-gardistes dont le coût oscille autour des 100 milliards de dollars ! Ce long métrage donne certes à réfléchir sur l’acuité du dérèglement climatique – quid aujourd’hui de l’accord de Paris ? – mais il présente surtout l’impasse tragique qui se profile pour ceux que la menace a mis en première ligne.

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