Républicain Lorrain

Une créature peut-elle survivre à ses créateurs ? Après le décès de Jean-Marie Pelt, la question s’est posée : que faire de l’Institut européen d’écologie ?

Pour la Ville de Metz, pas question de laisser l’héritage en jachère. Marie-Anne Isler-Béguin en a repris la présidence, Anne-Hélène Depoix à ses côtés. Mais pour quoi faire ?

La grande marque de fabrique de Jean-Marie Pelt, ces dernières années, c’était les conférences. Il avait invité notamment Pierre Rabhi et Boris Cyrulnik, Allain Bougrain-Dubourg et Corinne Lepage… Des conférences certes intéressantes, mais liées au personnage, botaniste, humaniste et homme de médias.

Il était donc nécessaire de trouver une autre formule. À partir d’un constat devenu évident ces dernières années : La vérité qui dérange , chère à Al Gore, ne dérange plus vraiment, elle est intégrée. Aujourd’hui, la question n’est plus d’apprendre « pourquoi ça se détraque », elle est dans le « comment faire » pour atténuer les changements.

D’où le succès planétaire d’un film comme Demain , par exemple. Ou le grand projet de Marie-Anne Isler-Béguin pour cette année 2018 : le 1er Festival de la transition écologique à Metz, en novembre prochain. « Ce festival est un essai. Il sera ouvert aux documentaires, aux fictions, aux YouTubeurs et devra montrer l’homme dans son environnement », explique-t-elle. Cinq prix sont listés.

À travers ce choix d’un festival lié à l’image, l’élue de Metz-Métropole veut doter sa ville d’un nouveau rayonnement. Son ambition, elle est là : à côté de Cannes ou Gérardmer, « il n’y a rien, aujourd’hui, qui qualifie Metz en matière européenne ». Donc, pourquoi pas un Festival de la transition écologique ?

Pour le réussir, il y a, bien sûr, deux ou trois conditions essentielles. Comme le budget ou un bon comité d’organisation, par exemple. Et, pour cela, il sera nécessaire de compter sur de nombreux bénévoles. « De son vivant, Jean-Marie Pelt ne souhaitait pas ouvrir l’Institut aux adhérents. Maintenant, tout notre comité est d’accord pour qu’on se développe. En octobre 2016, la soirée anniversaire des 45 ans de l’Institut, à l’Arsenal, avait attiré 1 250 personnes. On espère que tous deviendront adhérents. On compte sur eux pour ouvrir l’IEE à de multiples initiatives et pouvoir vivre de nos dons. »

Autre nouveauté : l’Institut a renoué avec l’Université, pour lui proposer un Diplôme universitaire d’écologie. Des étudiants pourraient donc revenir dans les couloirs des Récollets à la rentrée. Comme à la grande époque de l’IEE. La renaissance, peut-être.

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26/02/2018Républicain Lorrain

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